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Le Domaine
Le château et son parc sont ouverts du mardi au dimanche

Le vignoble

de Bouthéon

Cinq siècles de preuves

La vigne n'a jamais vraiment quitté Bouthéon. Elle est déjà là en 1561 dans le premier acte de vente conservé. Elle est là en 1641 dans l'inventaire du domaine, avec ses cuves et ses douze tonneaux de vin. Elle est là en 1751, en 1811, dans une annonce de journal en 1828, dans une photographie de 1915. Elle s'efface lentement dans le dernier quart du XXe siècle. Et elle revient en 2021, par deux pieds centenaires rescapés du Forez.

Quatre cent soixante-cinq ans d'histoire viticole. Et l'histoire continue.


Un vignoble documenté à chaque siècle

Les archives du château de Bouthéon constituent un dossier viticole rare : dix documents couvrant cinq siècles attestent à chaque époque la présence de la vigne, des outils de vinification et du vin produit. Ce n'est pas une tradition supposée. C'est une tradition prouvée.


1561 ~ L'acte fondateur

L'acte de vente du château mentionne 2,5 hectares de vignes et un pressoir banal à l'usage des habitants de la seigneurie. Guillaume de Gadagne, riche marchand-banquier lyonnais, fait l'acquisition de Bouthéon comme domaine agricole de rapport autant que comme résidence de prestige. Dès l'origine documentée, le château et la vigne ne font qu'un.


1641 ~ Le pressoir au travail

L'inventaire dressé à la mort de Balthazard de Gadagne recense l'équipement viticole avec précision : au pressoir, deux grandes cuves de chêne et plusieurs tonneaux de dix à vingt-cinq ans d'âge ; à la cave, douze tonneaux pleins de vin. Quatre-vingts ans après la première mention, la production est en cours. Le vignoble de Bouthéon n'a pas faibli.


1751 ~ Le clos dans ses murs

L'expertise architecturale du domaine mentionne à quatre reprises le "clos de vigne" : une parcelle délimitée par ses propres murs, avec porte de communication sur le parterre et pigeonnier attenant. Le cuvage et le pressoir sont toujours en place dans la basse-cour. La vigne fait partie intégrante de l'organisation spatiale du château.


1811 ~ Les archives impériales

Dans le cadre d'une procédure successorale, les archives de la Cour impériale de Lyon attestent 3 hectares de vignes sur le domaine. La Révolution a changé les propriétaires, pas la tradition. Bouthéon traverse la période révolutionnaire et napoléonienne sans perdre son identité agricole.


1828 ~ Les vignes en vitrine

Le 11 octobre 1828, le Mercure Ségusien publie une annonce de vente du domaine. Parmi les atouts décrits : "prés, vignes, terres labourables, plantations et bosquets d'agrément, source et pièce d'eau." Les vignes sont citées comme argument commercial, aux côtés de trois tenements de "terres chambonnales de bonne nature", ces sols fertiles façonnés par les courbes de la Loire. Le domaine se vend avec sa vigne.


1878 ~ Vignes et tonneaux dans l'acte de vente

Le 26 mars 1878, le château est vendu par la famille Thiollière à Claude Coignet, propriétaire et négociant à Saint-Étienne. La désignation du bien liste explicitement les vignes parmi les composants du domaine. Dans les conditions de vente, les vendeurs se réservent "la moitié des tonneaux, du vin et des provisions de ménage" : preuve qu'en 1878, une production viticole active est en cours au château, assez significative pour faire l'objet d'une clause contractuelle.


1915 ~ Les soldats aux vendanges

Le château abrite un hôpital militaire auxiliaire pendant la Grande Guerre. Une photographie montre les soldats convalescents aux vendanges dans les vignes du domaine. La vigne nourrit ceux que la guerre a blessés. Elle est toujours là, génération après génération.


1938-1950 ~ Cuves, pressoir et village viticole

En 1938, une annonce de vente du domaine mentionne cuves et pressoir parmi les éléments à céder : l'infrastructure de vinification est encore en place et valorisée. Une décennie plus tard, un inventaire et des vues aériennes révèle 3 500 m² de vignes dans l'enceinte du château. À l'échelle du village, 110 propriétaires viticoles cultivent alors 15 à 20 hectares. Bouthéon est encore, au milieu du XXe siècle, un village de vignerons.


Années 1970-2000 ~ Le lent effacement

Selon des témoignages, le dernier propriétaire privé du château, Paul Grousset, produisait encore du vin dans les années 1970. Lors du rachat du domaine par la commune en 1995, les vignes ne sont plus que des vignes à raisin de table. Dans le village de Bouthéon, la dernière vigne productrice de vin, celle de M. Pierre Barou, disparaît au milieu des années 2000. Sans date précise. Quatre siècles et demi d'une tradition s'effacent en silence.


2021 ~ Le retour de la vigne

Sur proposition de l'équipe du parc, la municipalité d'Andrézieux-Bouthéon décide de renouer avec la tradition. L'objectif premier n'est pas commercial : il s'agit de redonner vie à un patrimoine documenté, de développer des animations autour de la viticulture forézienne et de transmettre l'histoire du lieu. La commune fait appel à Daniel Mondon, vigneron passionné et fin connaisseur des cépages foréziens, qui donne des boutures issues de deux pieds centenaires retrouvés dans le Forez : le Castel à Saint-Marcellin-en-Forez, le Villard à Montbrison. Au printemps 2023, 600 pieds sont replantés sur 1 000 m², à l'emplacement même des vignes du XXe siècle.


2025 ~ La première cuvée primée

Automne 2024 : première vendange productive. Printemps 2025 : dégustation des deux premières cuvées. La cuvée rouge Castel de Bouthéon remporte un premier prix (médaille de vermeil) au Salon des Vins Rebelles 2025. Vingt et un ans après la disparition de la dernière vigne du village, le vin de Bouthéon existe à nouveau.


Une vigne hors du commun

Ces deux cépages ne ressemblent à aucun autre vignoble du Forez contemporain. Nés dans les décennies qui suivirent la crise du phylloxéra de la fin du XIXe siècle, ils sont le fruit d'un croisement entre vignes américaines résistantes et cépages européens. Robustes, peu gourmands en traitements et nécessitant peu d'interventions chimiques, ils s'inscrivent naturellement dans la démarche environnementale du château. Adaptatifs face aux aléas climatiques, le Castel et le Villard sont des survivants, comme l'est le vignoble qui les accueille.

Ils poussent sur échalas, un piquet de bois par cep, comme au temps des vignerons d'autrefois. Le travail est manuel, ou fait avec le cheval du château. Ce qui naît dans ces 1 000 m² n'est pas un vin ordinaire. C'est le retour d'une mémoire.

Infos
Pratiques

Horaires

13h30-17h30 (hors vacances)
Dernier billet 16h30
Fermé le lundi
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Tarifs

Château : 5 € / 6 €
Parc : 3 € / 4 €
Billet couplé ou famille à tarif réduit
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Adresse

Château de Bouthéon
Rue Mathieu de Bourbon
42160 Andrézieux-Bouthéon
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Le domaine du château de Bouthéon se visite du mardi au dimanche. Fermeture : tous les lundis.

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