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Le Domaine
Le château et son parc sont ouverts du mardi au dimanche

Les animaux

du terroir

La Loire forézienne, vivante et conservée

Avant d'être un château, Bouthéon était d'abord une terre nourricière. Les courbes de la Loire ont façonné les Chambons en prairies fertiles ; le Forez, exigeant et généreux à la fois, a imposé des bêtes rustiques, adaptées, capables de travailler et de produire sur des terres que les hivers rendent difficiles. La basse-cour du domaine, les enclos, les étangs ont longtemps constitué l'essentiel de ce que l'on nomme aujourd'hui, avec un peu de distance, le "terroir".

L'inventaire de 1751 de Bouthéon en porte la trace la plus précise : dans la seule basse-cour du château, une écurie de vingt chevaux, trois pigeonniers, une écurie à poules, une écurie à cochons, un chenil. Sept étangs poissonneux complétaient la pêche dans la Loire. Les animaux n'étaient pas un ornement du domaine : ils en étaient le moteur.

Aujourd'hui, le parc du Château de Bouthéon accueille quelque 300 animaux du terroir, appartenant à 40 races d'animaux du terroir issus du Forez et des territoires voisins. Chevaux de trait Auxois, moutons Noir-du-Velay, ânes du Bourbonnais, poules Cou-nu du Forez, pigeon du Gier, carpes des étangs… Ce sont des animaux qui ont travaillé, nourri et façonné ces terres pendant des siècles, et dont les effectifs sont aujourd'hui parmi les plus faibles de France.

Les conserver à Bouthéon est un acte patrimonial au même titre que restaurer une voûte ou replanter un cépage : la Loire nourricière se lit aussi dans les enclos.


Les chevaux de trait auxois

Le cheval de trait n'est pas un animal de prestige à Bouthéon : c'est un outil de travail. C'est lui qui a labouré les Chambons, ces terres basses et fertiles que les courbes de la Loire ont façonnées au fil des siècles. Lui qui a tiré les charrues dans les vignes, acheminé les récoltes vers le port de Bouthéon et les marchés alentours. Sans l'animal de trait, le domaine ne se cultivait pas.

Le cheval de trait Auxois porte le nom de sa région d’origine, située au coeur de la Bourgogne. Ce pays très agricole, jalonné de collines et de plaines, et doté d’un climat continental, a donné à ces chevaux leurs qualités de résistance et d’adaptation à de fortes variations de températures.

Issu de croisements successifs entre différentes races de chevaux de trait (l’Ardennais, le Trait du Nord, le Percheron et le Boulonnais), l’Auxois se caractérise par son corps massif et trapu, pesant près de 800 kg, et par sa robe souvent bai ou rouanne, parfois aubère ou alezan. Il est particulièrement reconnu pour sa puissance, sa souplesse, son endurance et sa docilité. Avec environ 300 juments et 26 étalons, c'est la race de cheval de trait à l'effectif le plus faible en France.

Les races de chevaux de trait ont d’abord été sélectionnées pour leur capacité de traction. Aujourd’hui, leur usage a quasiment disparu même si certains agriculteurs continuent à les employer pour des cultures spécialisées (vignobles, pépinières, maraîchage…) ou pour le débardage en forêt.


Le mouton Noir-du-Velay

Sur les pentes difficiles du Forez, les terres que la Loire ne fertilisait pas directement avaient besoin d'un animal capable de s'en contenter. Le mouton est cet animal : rustique, adapté aux milieux exigeants, fils du Massif central. Il a longtemps fourni aux familles du domaine l'essentiel de ce dont elles avaient besoin pour se nourrir et se vêtir.

Essentiellement élevé pour sa viande, le mouton Noir du Velay doit son nom à la couleur de sa laine, de sa peau et au Velay, sa région d’origine située en Haute-Loire. Comme toutes les races ovines européennes, il descend d'un même ancêtre sauvage originaire du Moyen-Orient, le mouflon oriental, l'un des premiers animaux domestiqués par l'homme, il y a environ dix mille ans.

Adaptée à des milieux difficiles, la race Noire du Velay a été introduite en France par les peuplades celtes venues s’implanter dans le Massif Central.


Les canards

Les canards évoluent aux abords des pièces d'eau du domaine comme ils l'ont toujours fait dans les exploitations foréziennes. Présences discrètes et utiles, au plus près de la Loire nourricière.

Le canard est un oiseau vivant à l’état sauvage et domestique. Migrateur à l’état sauvage, il évolue en milieu aquatique, se nourrissant pour l’essentiel de végétaux et de petites proies retenues dans son bec filtrant. Certainement domestiqué en Chine vers 1000 av. J.-C., il est depuis élevé pour sa chair, ses oeufs, la fabrication du foie gras, mais aussi pour l’agrément des pièces d’eau.

Les canards présents dans le parc du château :

> le canard de Barbarie,

> le Rouen français,

> le Coureur Indien,

> le canard huppé.


Les poissons du Forez

Les étangs de Bouthéon ne sont pas un décor : ce sont des ouvrages hydrauliques documentés depuis au moins 1561. L'expertise judiciaire de 1751 en recense sept : Presle, Ronze, Gadagne, Sévert, du Creux, Veauche, et le Grand Estang de Bouthéon, véritable infrastructure avec ses chaussées de pierre s'étendant sur près de 2 450 mètres. Certains étaient même temporairement vidés et ensemencés, alternant pêche et culture selon les saisons.

À ces sept étangs s'ajoutait un privilège seigneurial : l'acte de vente de 1561 mentionne explicitement le droit de pêche "tout au long de sa terre et jusqu'aux rivages opposés", ainsi que le droit de tenir bateaux et filets sur la rivière. Le château pêchait dans ses étangs et dans le fleuve. La Loire nourricière n'était pas une métaphore. C'était un droit inscrit dans les actes.

Carpe, tanche, gardon : ces poissons sont des animaux du terroir à part entière, ceux de la Loire nourricière dans sa dimension la plus directe, là où l'eau produit autant que la terre.

Ces étangs sont caractérisés par leur faible profondeur, 1 mètre en moyenne, 2 mètres à la bonde. Leur pêche s’organise traditionnellement de fin octobre à début avril.

Les poissons présents dans les étangs du parc : carpe, tanche et gardon.


L’âne du Bourbonnais

L'âne du Bourbonnais évoque d'emblée la géographie de ces territoires : le Bourbonnais jouxtait le Forez, et son influence s'est exercée durablement sur ces terres. Le château de Bouthéon en porte lui-même la trace : acheté en 1462 par le duc Jean II de Bourbon pour son fils Mathieu, il resta plusieurs décennies dans l'orbite de cette puissance voisine. L'âne qui porte ce nom a suivi la même route.

L’âne du bourbonnais se distingue par la couleur de sa robe, brun à bai brun aux nuances chocolat, et sa croix de Saint-André sur le dos. Comme toutes les autres races d’ânes européennes, son berceau d’origine est l’Afrique (Soudan, Ethiopie et Somalie).

Domestiqué par les Egyptiens vers 4 000 av. J-C, l’âne a ainsi traversé la Méditerranée au IIème millénaire av. J-C, avec les commerçants phéniciens et grecs, si bien qu’au Moyen Age, il était présent partout en Europe. Se nourrissant de foin, d’herbe et de grains, il se contente généralement de peu.

Autrefois surnommé le « cheval du pauvre », l’âne, reconnu pour son courage et son endurance, fut longtemps employé pour toutes sortes de travaux agraires, mais aussi pour le transport.


Les poules et les coqs

La basse-cour est la mémoire la plus intime d'un domaine. Poules et coqs n'exigent ni grand espace ni soins particuliers pour rendre service. Dans le Forez comme partout en France rurale, l'élevage de volailles était le garde-manger de proximité que chaque famille entretenait sans ostentation.

Parmi les races présentes à Bouthéon, la Cou-nu du Forez occupe une place singulière : elle a été créée en 1948 par Henri Calemard (1910-1989), descendant de la famille Coignet-Calemard, propriétaire du château de Bouthéon de 1878 à 1938. Cette race n'est donc pas seulement forézienne de nom. Elle est née, au sens le plus concret, de l'histoire de ce domaine. 

Le coq et la poule dorés, ancêtres de nos races actuelles, vivaient et vivent encore à l'état sauvage dans le Sud-Est asiatique. Leur domestication a commencé vers 6 000 av. J.-C. avant de s'étendre à toute l'Asie, puis au monde entier. Ils étaient déjà nombreux en France à l'époque des Gaulois, dont le nom même, issu du latin gallus, signifie « le coq ». Ce dernier, apprécié pour son chant, le fut aussi très tôt pour son caractère agressif, donnant lieu à de véritables combats.

Plusieurs races de poules et de coqs sont présentés dans la basse-cour : 

> Cochin,

> Welsumer,

> Cou nu du Forez,

> Combattant,

> Géline de Touraine,

> etc.


Les lapins

Dans l'économie nourricière du domaine, le lapin occupait une place modeste mais constante : facile à élever, peu coûteux, utile sous plusieurs formes. Peu d'animaux du terroir restituaient autant à partir de si peu.

Toutes les races de lapin domestique sont issues d’une seule espèce : le lapin de garenne  !

Cette diversité est due uniquement à la main de l’homme qui les a sélectionné en fonction des usages souhaités.

L’élevage du lapin s’est développé à partir du Moyen-âge et s’appelle la cuniculiculture. Le but premier était la production de viande mais aussi l’approvisionnement en poils et en fourrure. Par exemple, les chapeaux confectionnés à Chazelles-sur-Lyon étaient réalisés à partir de poils de lapin transformé en feutre. Aujourd’hui, le lapin est également utilisé comme animal de laboratoire et comme animal de compagnie. 


Les cailles domestiques

Discrète dans la basse-cour, la caille domestique y a pourtant toujours eu sa place : élevée pour sa chair fine et ses petits œufs, elle s'est glissée dans les cuisines paysannes comme une ressource d'appoint, peu encombrante, productive. Elle est issue de la caille du Japon, une espèce originaire d'Asie, à ne pas confondre avec la caille des blés, la caille sauvage européenne et migratrice, que l'on peut encore entendre dans les campagnes autour de Bouthéon.


Les pigeons

Le droit de colombier était un privilège seigneurial. Pendant des siècles, seuls les nobles pouvaient élever des pigeons en grand nombre, au grand dam des paysans dont les cultures subissaient le passage des volées. À Bouthéon, domaine noble pendant sept cents ans, le pigeon était chez lui. L'inventaire de 1751 en porte la trace : trois pigeonniers y sont documentés, l'un près de l'écurie, l'autre au bas du clos de vigne, le troisième dans un petit jardin sur l'étang. Trois pigeonniers, c'est le signe d'une grande propriété.

Leur utilité était triple : la viande des pigeonneaux pour la table seigneuriale, les œufs, et surtout la colombine ( la fiente de pigeon), l'engrais le plus précieux de l'époque. Elle enrichissait les vignes du clos attenant, le verger et les cultures maraîchères, ainsi que les Chambons, ces terres fertiles au pied du domaine façonnées par les courbes de la Loire. Ce n'est pas un hasard si l'inventaire de 1751 place l'un des trois pigeonniers précisément "au bas du clos de vigne" : le pigeonnier nourrissait le sol autant que la table.

Présent sur tous les continents, le pigeon est l'un des premiers oiseaux domestiqués par l'homme. Ses qualités de messager ont été exploitées depuis l'Antiquité. Plus récemment, c'est en tant qu'animal de collection qu'il a été sélectionné.

Dans les volières de la basse-cour sont réunies plusieurs races de pigeon : Pie anglais, Cauchois, Queue de paon, Satin, Triganino, etc. Dans la grand volière se sont toutes les variétés du pigeon du Gier, la seule race du département de la Loire, qui sont présentées.


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Horaires

13h30-17h30 (hors vacances)
Dernier billet 16h30
Fermé le lundi
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Tarifs

Château : 5 € / 6 €
Parc : 3 € / 4 €
Billet couplé ou famille à tarif réduit
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Adresse

Château de Bouthéon
Rue Mathieu de Bourbon
42160 Andrézieux-Bouthéon
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Le domaine du château de Bouthéon se visite du mardi au dimanche. Fermeture : tous les lundis.

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