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Le Domaine
Le château et son parc sont ouverts du mardi au dimanche

Introduction

Le domaine du château de Bouthéon

Le Château de Bouthéon n'a jamais été seulement un monument. Depuis huit siècles, il est un domaine : un endroit où la pierre et la terre se répondent, où le prestige du bâti s'est toujours conjugué à l'exigence de la production. Cette alliance, les Gadagne, ses plus illustres propriétaires, l'incarnaient dans leur manière de conduire le lieu : le beau et le bon, indissociables.

Ce domaine s'est construit à la rencontre de deux forces. La Terre, d'abord : terroirs cultivés, vignes taillées, vergers soignés, animaux des races locales. La Loire, ensuite : fleuve nourricier, voie de commerce, horizon permanent depuis le promontoire. Cette rencontre n'est pas une image : elle est inscrite dans la géographie du lieu, dans son histoire, dans ses pierres mêmes.

Cette rubrique en explore les grandes dimensions. L'histoire du domaine et de ses familles. Les animaux du terroir. Les jardins. Autant de chapitres d'un récit dont le fil n'a jamais rompu : celui d'un territoire où la Terre et la Loire se sont rencontrées, depuis toujours.


Histoire(s) du Domaine

Un domaine entre fleuve et terroir

Depuis son promontoire, le château domine les Chambons, ces terres alluviales fertiles que la Loire traverse en se dédoublant pour former une île. Le fleuve est partout ici : il façonne les sols, découpe les rives, dessine le paysage depuis des siècles. Il est même dans les murs : le château est construit en galets de la Loire et en grès houiller, la pierre du sous-sol forézien. Cette géographie n'est pas un décor : c'est la condition fondatrice de Bouthéon. D'un côté, le fleuve et ses histoires. De l'autre, la terre et ce qu'elle produit. Entre les deux, le château. Et huit siècles de familles qui ont fait de cette rencontre leur maison.


Ondes et sillons

Le blason de la famille de Bouthéon dit la même chose en images médiévales. Petite noblesse forézienne de chevaliers et d'ecclésiastiques, les Bouthéon ont marqué le territoire de leurs armes : écartelé, le blason porte aux deuxième et troisième quartiers d'argent, trois fasces ondées d'azur, trois ondes bleues évoquant la Loire, le Furan et le Volon. Aux premier et quatrième, du gueules plein : ce rouge vif, couleur de la force et de la vitalité, que l'héraldique médiévale associe à la terre et à son énergie. Eau et terre, fleuve et labourage : le programme d'un domaine voué dès l'origine à cette double appartenance.

Bertand de Bouthéon
Armorial de Guillaume Revel, XVème siècle

Place forte et château de cour (XIIIe – XVe siècle)

Les premières mentions écrites du château remontent au XIIIe siècle : à partir de 1224 au moins, il appartient aux comtes de Forez. C'est alors une forteresse utilitaire, surveillant depuis son promontoire la plaine et les passages sur la Loire, à portée de regard des châteaux d'Essalois et de Montrond-le-Fort (actuellement Montrond-les-Bains).

Au fil des alliances et des héritages, le lieu passe aux Chalus, aux Joyeuse, aux La Fayette. Le 15 janvier 1424, c'est au château de Bouthéon que Gilbert Motier de La Fayette, compagnon de Jeanne d'Arc et maréchal de France, épouse Jeanne de Joyeuse. En 1462, Jean II duc de Bourbon et comte du Forez rachète le château, qu'il transmet à son fils naturel Mathieu de Bourbon. C'est lui qui transforme le vieux donjon en une demeure de la première Renaissance : aile nord, appartements, galerie de circulation entre les deux corps de bâtiment. Le château-forteresse devient château de cour. 


La maison des champs (1561 – 1793)

En 1561, Guillaume de Gadagne acquiert le domaine. Officier royal, sénéchal de Lyon, issu d'une des fortunes marchandes et bancaires les plus importantes de la ville (les Gadagne ont leur hôtel à Lyon, toujours visible aujourd'hui), il fait de Bouthéon ce que l'époque appelle une maison des champs : résidence de prestige et lieu de refuge, mais aussi domaine de rapport. Il achève la transformation Renaissance entamée par Mathieu de Bourbon, crée la cour d'honneur, installe un portique d'entrée et un puits monumental, dresse une façade italianisante sur le château médiéval.

Les Gadagne demeurent à Bouthéon jusqu'en 1793 : deux siècles d'une gestion qui unit le beau et le bon. Le vignoble est attesté dès 1561, avec 2,5 hectares de vignes et un pressoir collectif. En 1668, un acte de plantation d'une précision remarquable détaille 278 arbres fruitiers : 226 poiriers de trente-deux variétés et 52 pommiers de sept variétés, témoignant d'une vraie culture de l'excellence agricole. Le port de Bouthéon, au pied du domaine, est par ailleurs une voie de commerce active : en 1723, 106 barriques de vin du Languedoc y transitent à destination de Roanne, descendant la Loire vers les marchés du nord. Animaux de ferme, viviers à poissons, cultures maraîchères dans les Chambons : le domaine produit autant qu'il représente, et le fleuve prolonge l'un et l'autre.

Vue sur la cour d'honneur - © Eric Viou

Rubaniers, restaurateurs et nouveaux usages (XIXe – XXe siècle)

La Révolution met fin à la longue époque Gadagne. Le château passe à plusieurs propriétaires successifs : Praire de Nézieux (1793), Grailhe de Montaima (1803), Thiollière-Lassaigne (1829). Faute d'entretien, l'édifice se dégrade progressivement. C'est Claude Coignet, rubanier stéphanois passionné d'histoire, qui entreprend à partir de 1878 une restauration ambitieuse : toitures néogothiques actuelles, chapelle de la tour Nord-Est, décor de l'aile Nord. La famille Coignet-Calemard conserve le château jusqu'en 1938.

Le XXe siècle multiplie les usages. Hôpital pour soldats convalescents en 1914 et 1915 : des photographies montrent les soldats vendangeant dans les vignes du château. Refuge pour réfugiés lorrains en 1940. Colonies de vacances dans les années 1950. En 1961, l'industriel Paul Grousset rachète le château et fait du parc un lieu de protection animale.


Depuis 1995 : la renaissance

En 1995, la commune d'Andrézieux-Bouthéon devient propriétaire du domaine. Le château et son parc sont restaurés. Le parc ouvre au public en 2006, le château l'année suivante. Le vignoble, disparu des terres de Bouthéon au tournant des années 2000, renaît en 2021 avec de nouveaux cépages.

L'histoire continue, et avec elle, lentement, la mémoire de ce que Bouthéon a toujours été : un domaine entre Terre et Loire.

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Pratiques

Horaires

13h30-17h30 (hors vacances)
Dernier billet 16h30
Fermé le lundi
Nos horaires le reste de l'année >

Tarifs

Château : 5 € / 6 €
Parc : 3 € / 4 €
Billet couplé ou famille à tarif réduit
Tous nos tarifs >

Adresse

Château de Bouthéon
Rue Mathieu de Bourbon
42160 Andrézieux-Bouthéon
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Le domaine du château de Bouthéon se visite du mardi au dimanche. Fermeture : tous les lundis.

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